Mon journal de bord que j’ai a rédigé me suggère de parler de la dynamique de l’organisme dans lequel je travaille. C’est la première fois que je travaille dans une ONG. Pour être sincère, je ne connais pas grand chose à ce type d’organisme qui jusqu’à présent me laisse perplexe dans leur utilité.
Enfin, hier je suis finalement, après 3 longues semaines d’attente, parti faire du travail de terrain dans les écoles. Accompagné de Dimitri, Tsamme et de Tsoulou, je suis parti en banlieue de Pretoria, dans une petite école secondaire qui doit composer avec quelques étudiants problématiques (un peu comme dans toutes les écoles non?). Toutefois, quand je parle d’étudiants problématiques, je ne fais pas référence aux étudiants de l’école secondaire Jacques-Rousseau à Longueuil, qui une fois de temps en temps vont envoyer chier un prof, partir un food-fight, ou peut-être vendre du pot dans l’aile B. Non, les étudiants problématiques en Afrique du Sud sont ceux qui amènent un 9 mm à l’école, se battent avec des pics à glace, et rentrent dans les toilettes des filles pour les violer.
La première impression que j’aie eu en rentrant dans l’école et celle que comment est-ce possible que de pareils choses arrivent ici-même? Tout les élèves qui sont présentement autour de moi ont l’air gentils et calmes. Pourtant, à en croire les nombreuses recherches que j’ai eu le temps de feuilleter durant mes 3 semaines de bureau, il faut croire que non. Comment faire la part des choses entre ce que je lis et entre ce qui arrive dans la réalité? Pourtant, si je me fie aux statistiques, plus de 1,5 millions de viols sont recensés chaque année. Ce ne sont que eux qui sont recensés, cette proportion pourrait donc tripler voire même quadrupler.
À l’école, une classe nous est réservée. Durant la pause, nous accueillons les RCL, qui sont des élèves médiateurs que le CSVR forme afin qu’ils puissent à leur tour gérer des problèmes mineurs dans leur milieu scolaire. Par exemple, si je suis victime d’intimidation, je peux aller voir un RCL qui me donnera des conseils sur comment tenter de mettre fin au problème. Je trouve que c’est une belle initiative de la part de l’organisme, du seul fait qu’il est sans aucun doute plus facile pour un jeune d’aller parler de ses problèmes avec un autre jeune plutôt qu’avec un prof.
Tsoulou peut maintenant compter sur un nouvel admirateur, moi. Je trouve son approche absolument fantastique avec les jeunes. Elle arrive à les faire rire tout en leur faisant comprendre tel ou tel problème.
Les RCL avec qui j’ai travaillés hier sont trop drôles. Les histoires qu’ils nous racontaient hier les mettant dans des situations conflictueuses étaient plus pour se marrer qu’autre chose. Pendant la rencontre, je n’ai pas entendu aucune histoire qui aurait pu causer le silence dans la salle de par sa gravité, dans le genre qu’un élève s’est fait battre, ou qu’une étudiante était quotidiennement victime d’harcèlement sexuel.
Je ne veux surtout pas tirer de conclusions hâtives, ce que je ferai seulement vers la fin de mon stage. Mais se peut-il que les étudiants plongés dans des situations réellement conflictuelles n’osent pas parler? Certainement. Un sujet aussi tabou que le viol, dont je n’ose pas embarquer dedans car je n’y connais rien, est sans doute très dur à amener dans une discussion réfléchie avec des jeunes de 15 ans. Est-ce que les méthodes du CSVR sont donc appropriées afin de faire parler les jeunes de ce qui les touchent vraiment? C’est ce que l’on me demande d’analyser dans mon contrat de stage.
À suivre.


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