Il ne me reste que 20 jours avant mon retour au Québec, mon pays me manque. Le temps passe vite, je me rapelle de ma première journée en Afrique du Sud, j’étais étonné qu’il pouvait faire si froid durant l’hiver ici. Il s’est passé tellement de choses depuis, j’ai rencontré beaucoup de gens, je suis sorti, j’ai vu, je sais qu’à mon départ, j’aurai à peu près tout fait ce que j’avais à faire. Quand on reste dans un pays pour 6 mois, on a vraiment la chance de se mêler à la culture, aux gens.
Des petites choses anodines comme prendre à pied une rue chaque matin font que l’on développe une routine qui ne nous case plus dans la catégorie ”touriste”. J’ai vraiment l’impression d’avoir vécu en Afrique du Sud, d’avoir eu mes bonnes comme mes mauvaises journées. Le pays est magnifique certes, mais je sais maintenant que je n’y vivrai jamais.
Être resté deux semaines, j’aurais vu la Coupe du Monde, Cape Town et ses quartiers chics, j’aurais fait un safari à Nelspruit. Après 6 mois aujourd’hui, une phrase que m’a dit mon ami Cyril peu après que je sois arrivé me résonne dans la tête: ”You don’t even know how fucked is this country”. Je commence à le réaliser maintenant, et je n’ai pas envie d’en voir plus, je suis tanné de l’insécurité qui règne ici et d’une maladie mentale que je nomme le racisme dont beaucoup de gens souffrent. Je réalise surtout comment on est bien à Montréal, une ville avec ses problèmes que je vois maintenant comme des peanuts.
En général, si je parle de mon expérience, je peux clairement affirmer que ce fut un désastre sur le plan académique, mais aussi une totale réussite sur le plan personnel. Le programme dans lequel je travaille, si vous avez lu mes articles précédents, tombe en ruine, c’est évident. La semaine dernière, j’ai présenté un papier avec recommendations afin d’améliorer les impacts du CSVR, qui finira probablement dans un tiroir poussiéreux.
Les chercheurs en Afrique du Sud se cassent la tête à savoir pourquoi il y a tant de crime dans leur pays, pourquoi la violence est si ”unique”. Selon moi, il est là le problème, au lieu d’admettre que la violence s’explique à peu près de la même façon dans le quartier Hochelaga qu’ici à Hillbrow et de chercher quelles initiatives réalistes pourraient créer un changement, on s’embête à savoir pourquoi l’Afrique du Sud est si ”unique”; bullshit.
Un article est sorti dernièrement sur le CSVR, mettant en cause que le gouvernement avait carrément flambé de l’argent en payant l’organisation pour conduire une recherche afin de savoir quelles étaient les racines de la violence dans le pays. En tout, plus de 3,5 millions de rands (500 000$ CAN) ont été dépensé pour créer un rapport de 700 pages, disant en gros que la violence trouve ses origines dans l’apartheid. Ah bon, comment ils ont su? Je n’aurais pourtant jamais deviné.
Il aurait certainement été plus utile de placer cet argent dans la construction de bibliothèques décente dans les écoles de townships, qui abritent à peu près deux livres et demi chacune, ou d’organiser une ligue de soccer pour les jeunes à Soweto, qui s’emmerdent à n’en plus finir, ou même d’acheter du PFK pour 20 sans-abris durant 1 an, ça fera 20 personnes de moins qui auront faim dans le pays. Eh bien non, 500 000$ pour produire un rapport merdique dont même un vidangeur vivant à Alexandra pourrait deviné que l’apartheid est liée à la violence sud-africaine.
Le chercheur qui a fait cet étude, je le croise à chaque matin au bureau, et il a l’air un peu dans sa bulle disons. Quand je lui ai parlé que Dimitri et moi travaillions dans une école à Soshanguve, un des plus gros townships en Afrique du Sud, et qu’il me répond en me disant qu’il ne sait pas où se trouve cet endroit, c’est que le gouvernement a probablement mal choisi la personne pour conduire une recherche sur la violence dans le pays.
2 Responses to “L’Afrique du Sud et sa violence ”unique””
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moi aussi j’ai hâte que tu reviennes.
montréal est belle. et enneigée!
c’est toujours un plaisir de te lire jeune homme.
c’est vrai, pour le 500 000 $ canadien jeté par les fenêtres?
c’est tellement absurde…
Hey!
Malheureusement oui, bien que je n’ai pas lu le rapport. Il y a deux articles qui sont apparus dans les plus grands journaux du pays pour dénoncer l’imcompétence de la recherche. Je rentre dans 20 jours, j’ai hâte de te voir.
Ludo xx