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La justice africaine

Mapogo a matamaga, c’est le nom d’une milice privée qui s’occupe de contrer la criminalité dans les provinces du Nord, Nord-Ouest, Kwazulu-Natal et Gauteng. Le véritable problème, c’est qu’on se demande si cette organisation privée ne serait pas elle-même criminelle.

Le mot Mapogo dérive d’un proverbe Sotho, qui dit ”qu’une victime agressée par un guépard peut se transformer en tigre”. Pour une somme de 100 à 10 000 rands par an(soit d’environ 15 à 1500 dollars canadiens), il est possible de s’attacher les services de la compagnie. Le véritable enjeu tourne autour du système judiciaire sud-africain, qui avec l’avènement de la démocratie, n’aurait pas une histoire de jurisprudence assez calée afin de punir ”justement” (encore une fois ce ne serait qu’arbitraire) les criminels.  Résultat: la justice est beaucoup trop clémente envers les criminels, et l’on observe encore dans le pays une normalisation de la violence.

Voilà pourquoi plusieurs citoyens s’attachent les services d’une compagnie comme Mapogo, qui fait usage de justice informelle, ou de justice ”africaine” comme son président John Magolego le cite. Les armes des agents de sécurité varient, pouvant aller d’un simple 9 mm jusqu’à des fouets trempés dans la sauce peri-peri…Plusieurs abus de la compagnie ont été dénoncés, mais pas assez il faut croire. En fait, les gens ont peur des agents, qui pour la plupart font preuve d’une plus grande coercition physique que la police sud-africaine (SAP). Les agents sont notamment surtout utilisés dans les régions rurales, où les propriétaires de fermes font peur à leurs employés grâce à Mapogo.

Enfin, qui est à blâmer dans cette histoire? Beaucoup de citoyens ne semblent pas faire confiance aux forces de l’ordre gouvernementales, et plusieurs milliers de gens font appel à des sociétés privées afin de défendre leur propriété. La criminalité semble encore profiter du fait que leurs actions sont rattachées à l’héritage de l’apartheid, et sont donc de connotation politique, ce qui n’est pas totalement faux selon moi. ”Aujourd’hui je vole car les Blancs m’ont volé”. Pourtant, le gouvernement sud-africain doit dresser une ligne, et doit certainement punir plus sévèrement les criminels dans le pays. Des organisations amenant une justice informelle frôlant la criminalité auraient donc beaucoup moins leur place en Afrique du Sud.

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