Mon séjour en Argentine m’a permis de prendre conscience qu’il y a fort à faire pour résorber les problèmes liés à la précarité et à l’exclusion sociale dans ce pays et que le coopérativisme, malgré ses faiblesses, semble vraisemblablement constituer l’une des stratégies d’endigage de l’exclusion et je comprends certainement mieux les enjeux reliés au coopérativisme. Certes, la participation active des membres des coopératives est capitale et en ce sens, je crois que le coopérativisme peut se révéler être l’instrumentalisation d’une certaine libération pour les peuples dominés économiquement, culturellement et politiquement. Cependant, j’ai été grandement frappé par les grandes contradictions qui teintent ces organisations. Le coopérativisme est un modèle organisationnel considérablement limité, ses valeurs étant relativement facilement absorbées par les pressions du marché. Certes, on ne peut nier au sein du fonctionnement des coopératives, une certaine exigence de rentabilité. J’ai été outrée par l’absence presque totale de reconnaissance par l’État face au statut d’associés de coopératives. Le coopérateur est considéré comme étant insolvable et se voit refuser l’accès au crédit, quelqu’en soit sa forme. En effet, face à l’État, le coopérateur bénéficie de très peu d’avantages. Le manque de reconnaissance sociale dont sont victimes les travailleurs des organisations de l’économie sociale ne contribue en rien à la valorisation de cette forme d’association. Vu les nombreux obstacles auxquels fait face le coopérativisme argentin, appuyer l’IIFAP dans la consolidation de ses activités de gouvernance s’avérait pour moi presque nécessaire.


Faire un commentaire
Please do not post inappropriate comments or content unrelated to this blog.